Martin Schuepbach : Le Suisse du Texas qui veut faire payer la France (Gaz de schiste)

Martin Schuepbach : Le Suisse du Texas qui veut faire payer la France (Gaz de schiste)
Martin Schuepbach : Le Suisse du Texas qui veut faire payer la France (Gaz de schiste)

On n’a pas fini de parler du gaz de schiste en France. D’un côté Total, qui pourrait être autorisé à reprendre ses recherches, et de l’autre, l’État français, qui devrait payer 117 millions d’euros d’indemnités à la société de Martin Schuepbach. Mais qui est ce Suisse établi au Texas de longue date, à la tête d’une compagnie d’extraction pétrolière?

D’origine zurichoise, né en 1944, Martin Schuepbach a étudié la géologie à l’École polytechnique fédérale de Zurich et à l’Université de Fribourg, où il reviendra travailler une année comme chef de projet. Entre-temps, il est parti aux États-Unis, où il a décroché son doctorat en géologie en 1974: à l’Université Rice de Houston. Le Texas héberge justement de grandes compagnies pétrolières au service desquelles il met son savoir-faire de géologue. Notamment le géant du secteur ExxonMobil et un plus petit acteur, Maxus Energy.

Au début des années 1990, l’Américano-Suisse Martin Schuepbach décide de se lancer en solo. Il fonde plusieurs entreprises de prospection, qu’il revend. Créée en 2007, Schuepbach Energy, à Dallas, est sa troisième entreprise. Toujours en 2007, il est le premier à demander des permis d’explorer le sous-sol français pour y trouver les ressources nécessaires à la production de gaz de schiste, dont les technologies d’extraction sont alors quasi inconnues en Europe. «J’ai décidé de chercher en dehors des Etats-Unis; j’ai toujours cru au potentiel français en la matière», explique-t-il à l’époque au Monde.

Deux concessions en France seront ainsi accordées à Martin Schuepbach. Mais l’homme a des ambitions internationales et ses prospections l’amènent en Uruguay, en Espagne, au Danemark, en France mais aussi en Suisse. En 2009 dans le canton de Fribourg, et en 2010 dans le canton de Vaud, dans une région qui allait de Morges au Vully. En Suisse romande, les investigations ne se sont pas avérées suffisamment concluantes pour que des exploitations soient envisagées. Et cela bien avant que des oppositions aux gaz de schiste ne voient le jour parmi les écologistes suisses et européens, activées par les polémiques aux Etats-Unis.

En France, Martin Schuepbach n’en est pas à son premier bras de fer avec les autorités, qui lui avaient accordé des autorisations avant que le gouvernement de Nicolas Sarkozy, déjà en 2010, rétropédale face à l’opposition montante des opinions publiques. Ainsi le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a confirmé en décembre 2015 l’abrogation, décidée en 2011, de deux permis d’exploration de gaz de schiste délivrés à la société Schuepbach en 2010 en Aveyron et en Ardèche. La compagnie pétrolière Schuepbach souhaitait récupérer ses permis de recherche mais contrairement à Total, Schuepbach Energy ne travaille que sur la fracturation hydraulique, interdite en France. Désormais Schuepbach Energy estime à 117 millions d’euros les indemnisations que doit lui verser l’État pour son renoncement.

Source : Presse Suisse : http://www.24heures.ch/economie/Le-Suisse-du-Texas-qui-veut-faire-payer-la-France/story/16150167

Karcajou

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